samedi 4 juillet 2009

Le tourisme dans tous ses états.

Hier soir, au sommet d'un vendredi soir des plus exaltants, j'ai tristement appris devant ma télévision que nous avions perdu la tête. Quid d'une émission sur la crise, la grippe, la mort de MJ ou l'enterrement de la révolution iranienne. Juste un portrait de vous et moi partant en vacances. Enfin juste de vous en fait, je vaux mieux que ça évidemment.

Au programme, tourisme de survie dans le Jura – sic – dans des conditions évidemment extrêmes où l'art de fabriquer ses propres raquettes et de braconner du lapin blanc prend tout son sens, surtout lorsqu'on est encadré par deux anciens militaires, à peu près aussi aimables qu'un GO du Club Med. Les camps de vacances modernes me dit-on. En quelque sorte le culte de la performance, du dépassement de soi et de la recherche intérieure que Christopher McCandless dans une ironie des plus totales a remis à la mode. Apprendre à survivre en milieu hostile peut être vital, imaginez être coincé sur la Central Line dans le métro londonien en plein hiver polaire, des lapins galopants sur les escalators : vos vacances vous sauveront la vie. On pourrait voir au delà de la caricature pour parler de l'estime de soi, du regard sur soi ou de la ressemblance avec les stages de motivation organisés par les entreprises, mais cela serait direct moins marrant.

Heureusement au moment où j'ai cru que tout était perdu, nos amis mexicains ont remonté le niveau. Que diriez-vous si on vous proposait de passer 24 heures dans la peau d'un clandestin essayant de rejoindre les États-Unis ? Le prix est à peine moins élevé que pour le tenter en vrai, mais à ce prix la on a droit à la course poursuite avec les 4x4 des GO qui chassent les riches GM dans le noir du désert. On vous propose même un simulacre de passage à tabac si vous vous faites prendre. L'objectif est pédagogique il paraît, de la prévention comme ils appellent ça. C'est sur que les jeunes qui ont 1000 dollars à mettre dans ce genre « d'expérience » risquent à tout moment de sauter le pas et de rentrer chez l'Oncle en escaladant des barbelés. Il est bon de noter que de la même façon je peux sortir de chez moi, mon fusil à pompe dans les mains et me mettre à tirer au pif dans la foule de zombies qui déambulent devant ma porte. Pardon aux familles d'avance. Qui sait avec un peu de chances je pourrais toujours tomber en coloc avec Cheb Mami et nous pourrions devenir meilleurs amis pour la vie. Mais tout cela nous éloigne de notre tourisme dans tous ses états.

La palme d'or aurait pu revenir à ce camp brésilien, qui loin des plages de sable blanc, propose une immersion, une quête spirituelle, à base de riz non salé, de méditation et de transes sous psychotropes qui rendraient jaloux nombre de mes amis anglais. Entre la dubstep sous pills à Londres et la musique « du monde » en transe au Brésil, la frontière est mince. En parlant de frontière, la palme revient logiquement au tourisme porno anglais. 7 jours sur un tournage de porno, le rêve de tout zoophile qui se respecte. Proche du safari, les explorateurs ont le droit de prendre des photos, des vidéos voir de se pavaner en compagnie des gazelles peu farouches ou autres bruyantes félines. Imaginez la tête de Mamy lorsque vous lui montrerez vos photos de vacances et le sourire indescriptible sur les lèvres de votre petit neveu.

Si vous aussi vous partez en vacances cet été, n'oubliez pas : nous avons perdu la tête.

vendredi 21 novembre 2008

Trash Hologram

Pendant que Clément prend toujours autant de temps à se décider, que le Chili fait face à une crise des commentaires, que le "jte kiff" se répand aux côtes anglaises ou que l'e-sport français a une nouvelle vitrine, des sons venus d'ailleurs envahissent vos oreilles. Petit flashback dans le désordre des délicieux délires entendus sur la scène musicale de Brighton :


- Pnau : un trio australien électro tendance trash, beaucoup plus soft sur CD mais qui est absolument divin en live.

- The Whip : des mancuniens dans l'électro-rock qui alternent de très bons morceaux et de la pop-électro édulcorée des plus fades lorsque leur frontman rebranche sa guitare et a la mauvaise idée de chanter.

- Heartsrevolution : après avoir enregistré un énorme EP-Split avec Crystal Castles, les New Yorkais(es) ont sorti leur propre EP SwitchBlade que leur chanteuse m'a vendu hier soir avant leur live. Autant sur CD, leur son est monstrueux, autant le live était assez fade (Première partie de Punks Jump Up / Autokratz) avec des balances pas balancées. Mais assurément un groupe à surveiller.


- Fake Blood : si comme le dit le club du même nom, Your future is Digital, le son de Fake Blood l'est tout autant, du Banger de premier choix avec des sons absolument énormes.

- Missill : sans doute le meilleur Dj-set de ces 2 derniers mois, énorme ambiance, une énergie impressionnante, un son puissant au possible "électro / hip hop / visual" comme elle dit.

- Simian Mobile Disco : bon, bon, bon mais pas extraordinaire. Ca reste Simian.

- datA : la grosse déception malgré les entrées gratuites et les 2 cds dédicassés. Un set à oublier au plus vite, de sa propre bouche "J'avais juste envie de rentrer dormir". Pas grand chose à rajouter.


- Krafty Kuts : Un très bon set avec notamment son remix de Bitter Sweet Symphony à faire trembler les murs.

- Crystal Castles, "so last year" pour certains, catalogués pour d'autres à cause de leur apparition dans Skins (au même titre que Foals mais qui ne souffre pas de la même critique, allez comprendre), il n'en demeure pas moins que sur EP, CD ou live, Alice et Ethan demeurent à mon sens le meilleur duo de l'année. N'en déplaise à la sécurité de Glastonbury et tant mieux pour nos amis russes.

Et le meilleur pour la fin : Does It Offend You Yeah ?


Ah oui sinon si tu cherches de la bonne musique, ici c'est quand même mieux.

jeudi 20 novembre 2008

You will never walk alone

Je voudrais juste revenir brièvement sur l'excellentissime article du Monde 2 - On n'est jamais seul sur World of Warcraft et sur 2 points particuliers que j'avais soulevé en juin dans la conclusion de cet article sur IntellimiquE et sur ce blog. Extraits choisis :

"[D'autres] mécanismes encouragent l'accoutumance au jeu. Notamment l'essence même de WoW : l'esprit "tribu". Plus on avance dans l'univers en effet, plus on a besoin des autres. S'agrègent ainsi au jeu des myriades de communautés, appelées guildes, allant d'une poignée de membres à plusieurs centaines."
Premier élément frappant, dans un média traditionnel, l'emploi d'accoutumance à la place d'addiction. L'écart est peut être réduit mais à ce niveau, la différence est énorme à l'heure où les "bonnes" sociétés et "le sens moral" nous parle de drogués et de grands malades désocialisés. Entre 2 projets de loi, tous plus idiots les uns que les autres pour "lutter" inefficacement contre un problème qui a besoin d'être étudié de près par des gens ayant une expérience autre que les éternels et stupides préjugés dont souffre le milieu du jeu vidéo, particulièrement online.

Deuxième élément sur la socialisation dont j'avais développé exactement les mêmes thèmes dans mon article sur le modèle économique des mondes virtuels et en particulier de World of Warcraft :

"Loin des procès en dépendance chroniquement intentés aux univers virtuels, cette socialisation "à distance" est l'un des principaux secrets du succès de WoW, comme l'appellent ses fans."


"Par bien des aspects, WoW s'apparente aux messageries instantanées de type MSN ou aux réseaux sociaux tels My-Space ou Facebook. Entre deux quêtes, les joueurs s'écrivent, via des canaux de discussion, ou discutent de vive voix grâce à des logiciels de téléphonie en ligne (Skype, TeamSpeak, Ventrilo…). Tout cela reste évidemment très éloigné des relations humaines telles qu'on les connaît au travail, à l'université, en famille… Encore que."
On s'éloigne des très grossières erreurs initiales qui visaient à réduire à un rapport de causes à effets les interractions entre les joueurs et on sauve les meubles d'une dernière phrase hasardeuse par un "Encore que" plus que bienvenu. La dimension sociale est la principale composante du succès incroyable de ces mondes virtuels (2,8 millions de jeux vendus en 24h pour la sortie de la dernière extension de World of Warcraft, pulvérisant le précédent record établi pour la sortie de l'extension précédente).

Quel est l'intérêt à passer des dizaines, centaines, milliers d'heures dans un monde rempli d'intelligence artificielle si ce n'est pour créer des liens sociaux, qui poussent à revenir sans cesse parce que vous y avez rencontré des amis (pas au sens de Friends de Facebook que vous connaissez vaguement de votre amphi/machine à café) voire plus. Il serait d'ailleurs plus qu'intéressant de se pencher sur le nombre de relations/couples provenant exclusivement de ces mondes virtuels. Le chiffre en surprendrait plus d'un.

En se penchant sur la presse récente, on assiste à un changement assez radical, à mi chemin entre la diabolisation latente et le phénomène "mode" qui semble de plus en plus se dessiner. Le Figaro y va lui aussi de son article, moins réussi mais qui a le mérite de remettre en question les éternels préjugés. Tous ont en commun la recherche d'un point de vue de l'intérieur. Jamais on aura vu autant de joueurs/managers cités et recherchés par les journalistes pour avoir enfin un véritable avis et sortir des sentiers traditionnels du "tous des drogués". Il était temps.

Et si les jeux vidéos de demain étaient les jeux de société d'hier ?

lundi 17 novembre 2008

Promis



Promis demain je blogue.

En attendant, la citation du jour : "The chief distinction in the intellectual powers of the two sexes is shown by man's attaining to a higher eminence in whatever he takes up, than can woman - whether requiring deep tought, reason, or imagination, or merely the use of the senses or hands".

The Descent Of Man, and Selection in Relation to Sex, Charles Darwin (1871)

Sympa pour sa femme.

vendredi 24 octobre 2008

Don't believe the Hype

Je blogue dans ma tête. Avouez que c'est quand même autrement stimulant que de dire que je n'ai pas le temps ou l'envie de bloguer. Je blogue dans ma tête, entre deux bus, entre deux pâtes, entre deux mini-nuits, entre deux dj-sets, entre deux vodka coke. Parce qu'en soit bloguer pour bloguer n'a que peu d'intérêt. Le micro-blogging devient alors ton nouveau grand ami.

Pas sur Twitter parce que même si flatter ton ego te fait toujours plaisir, perdu au milieu d'inconnus plus ou moins connus qui en ont un bien plus gros que toi, tu te sens un peu à l'étroit. Pas sur MSN, vestige de notre génération Caramail/IRC qui est passée complètement inaperçue de l'autre côté de la Manche, parce que ça rappelle les "feux" skyblogs de nos enfances rebelles, nouveau standing oblige. Facebook apparait comme le nouveau terrain de jeu, entre cinq et dix mots (voire moins si tu as du talent) plaqués sur le "set your status" qui vont parler au grand maximum à trois de tes innombrables et/ou inconnus amis. Mais l'essentiel est là, tu fais du micro-blogging.

La différence entre les deux reste minime : les pseudos ont disparu, le jugé trop classique nom-prénom redevient un signe de "qualité". Les bloggers ont rangé leurs cagoules et leur verve, ont enfilé des blouses blanches, des gants en (Teki) latex et se sont (re)mis au travail. Une "vitrine". Il faut bloguer sur ce qui est "in", ta vie n'a pas sa place sur ton blog, ou à très petites doses perdues au milieu d'un long flux de textes accrocheurs au possible, dont chaque phrase est réécrite trois fois avant de trouver la bonne tournure. Je m'affiche, tu t'affiches, il s'affiche, nous nous affichons.

Bloguer c'est un art, une nouvelle génération de business men poètes rêveurs qui passent leurs nuits sur Internet, entre gestion d'image et grandes phrases assénées à coups de liens dans tous les sens, dans un style electro hype. Les lunettes blanches commencent à te gratter le nez mais elles ressortent bien sur le costume du videur devant toi, donc tu encaisses en silence. Twelve pounds l'entrée, mais tu rentres sans problème et tu vois ça, ça ou ça. Tu changes de dimension, tu deviens "wicked and cool" encore plus si la soirée a pour nom "One Two F**K You". Parles français et tu peux tutoyer Dieu entre deux pills. Good health, low cholesterol, dental insurance en somme.

Comme toujours, il existe des digressions au modèle de base. Si tu es dans un pays du tiers ou moins monde, tu peux faire ressortir l'amour et la violence de ta vie. Quelque part entre un clash Into the Wild - Trainspotting. Parfois avec un talent certain. Les sujets sont directement plus inspirés et plus dépaysant, le nombre de pills que tu as pris la veille ou l'interrogation sur ce qu'avait mangé le blond à côté de toi avant de mal finir apparaissent "futiles".

N'empêche que j'aime, j'adore ça, du blog délicieusement élitiste dont tu ne comprends qu'une référence de temps en temps, aux bloggers qui s'affichent ouvertement, à notre mode de vie et à nos frasques. Après tout la vie ici ou là bas ne change pas beaucoup. Et tant mieux. Pour finir en contredisant Boys Noize : Do believe the hype.


PS : ironie du sort, c'est l'heure du retour sur Twitter.

jeudi 2 octobre 2008

Blah Blah Blah

"You have won a free signed copy of Data's latest EP and free entry + 1 guest to Blah Blah Blah for datA's show on Saturday 4th October."

Ça fait toujours plaisir. Cheers Blah Blah Blah

dimanche 28 septembre 2008

French connection

5 jours que j'ai débarqué en terre anglaise et enfin un post. A ma décharge, c'est assez compliqué de trouver du temps au milieu de la Freshers' week et de la vie ensoleillée à Brighton :

Le campus : grand comme Sciences po - la Rotonde au minimum, 25 000 étudiants à la fac, et un nombre incalculable de chambres, maisons, appartements et autres. Une ville en dehors de la ville, avec supermarchés fairtrade bio écolo apple green, des "restaurants", des banques qui en veulent après tes euros, des bars lieux de cultes, une boîte qui organise des soirées "69" parce que "it means something nasty in french", des pharmacies de guronsan et balançoires pour nos futurs enfants. 4 numéros de bus, rouges évidemment quoique il y en a des jaunes dans lesquels tu peux monter gratuitement si tu as un citron parait il, qui tournent 24h sur 24 entre la ville et le campus (une grosse demi heure en fonction du trafic) vous verrez plus loin pourquoi on les aime tant.

La fac : gauche écolo, du fairtrade partout, hors de prix mais on retrouve la même chose en ville à des prix beaucoup plus abordables. Des dizaines d'assocs, "societies", en tout genre, depuis celle pour découvrir les soirées gays aux assocs sportives et aux différentes causes, la palme revenant à celle chargée de la "protection de la Corée du Nord, de la Chine et de Cuba contre l'impérialisme capitaliste". J'ai bien évidemment adhéré.

Ma coloc' : j'habite à Brighthelm dans une maison avec un italien florentin Fabrizio (23 ans), une jeune anglaise de 18 ans (Tanya) mais qui déménage ce week-end "but no offense guys not against you", remplacée par un londonien apparemment. Il y a aussi un espagnol d'à côté de Madrid et une chinoise de Hong Kong qui répond que c'est une chouette ville quand je lui demande si elle est pro-chinoise ou pro-Hong Kong...Nevermind. Une auberge espagnole ou un hall de gare au choix, vu que tout le monde va chez tout le monde et que le campus c'est un peu comme les portes ouvertes à Fresnes mais en mieux.

Ma chambre : un modèle d'agencement, des placards partout, vraiment top, les apparts aixois devraient tous être aménagés comme ça, on y gagnerait pas mal. Je posterai des photos quand j'aurai pris le temps de ranger un peu et d'enlever la pile hallucinante de flyers que j'ai récupérée.

Les cours : les hostilités commencent lundi, une petite dizaine de cours par semaine avec apparemment pas mal de lectures à faire et de nombreux supports internet. Pour la version officieuse, année détente avec des cours très intéressants mais pas spécialement techniques, plutôt de la réflexion générale et de la culture.

La bouffe : si les étudiants français mangent mal, les anglais jouent 3 catégories au dessus, quelque part entre des hamburgers dépliables et des noodles. Heureusement, on a rencontré un français qui bosse à Burger King, c'était presque devenu notre seconde maison avant qu'on se décide à faire des courses et à manger plus ou moins correctement.

Les gens : un campus rempli de freshers, de nouveaux, quasiment que des premières années ou des exchanges là où j'habite donc ambiance très accueillante, tout le monde est plus ou moins pote avec tout le monde, toujours le même schéma pour rencontrer des gens "from, why, where do you live on campus, how old are you, what's up tonite?". Un speed dating international des plus efficaces et des plus amusants.

Les soirées : depuis samedi tous les soirs, de la petite soirée "gentille" dans le bar du campus qui finit en soirée concours de descente avec de jeunes anglais au Welcome Festival du dimanche soir, avec grosses scènes sous des chapiteaux et 2000 personnes. Du très bon et de l'excellent un peu plus loin : mardi soir Pub Crawl, des milliers d'étudiants qui déferlent par vagues sur 3 pubs et sur 4 clubs pour une nuit énorme. Hier soir, première sortie hors contexte de la fac, pour aller voir Missill mixer à l'Audio, une boite du bord de mer. Super ambiance et un dj-set énorme, une énergie impressionnante, un son puissant au possible avec une Missill au top et apparemment très contente d'être là. Demain soir, énormes concerts sur Brighton avec notamment Mystery Jets, JFB, Transformer, Pony Club et tellement d'autres. Dimanche soir, datA live ! La scène musicale de Brighton est monstrueuse pour des prix ridicules : 2 ou 3 pounds pour l'entrée en club, 2 pounds le verre d'Absolut vodka splash ou de Jager bomb...

Cheers !